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 Quelques écailles de dragon

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Vinc'
Loup Garou
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MessageSujet: Quelques écailles de dragon   Lun 20 Nov - 20:34

(Désolé pour le titre, je savais pas comment le dire ^^)

Bah euh voilà, suis un 'tit peu gêné de mettre ces textes sur le forum de l'association de mon frère alors euh... j'ai longuement regardé et j'ai mis le plus propice à lui plaire ( et vi je suis un beau fayot moi quand je veux Laughing )
Enfin, j'espère que vous aimerez Smile


Le sommeil nous contait ses histoires, ses loufoqueries de plus en plus noires. Il parlait des fées et des paladins, puis des ogres et des assassins.

Le soleil ne faisait pas le jour, nous n’avions ni maisons, ni temps, pas de repères. Nous dormions desfois sous la lune, souvent sous le grand astre. La nuit était le duvet de quelques cauchemars honteux, je n’ose l’avouer, où lui et moi violions quelques proches parentes perdues de vue.

Le sommeil narrait ses déboires, son amitié avec le marchand de sable.

Et le ciel fut percé de cette flèche envoyée d’un paradis que nous n’atteindrions jamais, misérables hommes à l’air niais. Sa tête était de feu, bientôt de sang, elle aurait eu des yeux c’eut été ceux de Satan.

-« Et on ira… »

Murmurais-je dans mes rêves sombres, ignorant alors le danger qui pointait son nez.

-« On ira… »

Puis, la boule de flammes tomba sur la ville, rasant les bâtiments, brûlant femmes et enfants.

Je me levais, seul. Mon ami était mort, tas de cendres ayant encore quelques-unes unes de ses formes, mais même l’esprit le plus érudit aurait affirmé sans sourciller que c’était là un être passé, non un autre propice à continuer d’exister.

-« Et on ira… »

Continuais-je sans trouver de suite à ma strophe estropiée.

Partout où je vagabondais, je croisais des fantômes inanimés allongés sur le sol poussiéreux des rues mortes.

La salle où j’allais voir illégalement ces films, vide de tous. J’y entrais sans faire attention aux décombres de je ne sais quelle époque, m’installais dans des fauteuils et scrutait l’écran gris, espérant revoir des héros sortir ici. Seul, je savourais ce moment de réminiscence.

-« Et on ira au cinéma des hommes libres… »

Les films de guerre, où on se tuait sans le faire.

-« … là où la guerre ne coûte pas bien chair… »

Mes pas me tirent ailleurs, vers une fontaine rouge où courraient quelques âmes heureuses, ici elles dormaient plus que ne jouaient.

-« … perdus dans un jardin aux mortes Hespérides… »

Au fond de l’eau brillait une tête de plomb aux formes d’un enfant.

Puis, plus rien.


Et on ira au cinéma des hommes libres, là où la guerre ne coûte pas bien chair. Perdus dans un jardin aux mortes Hespérides j’y cueillerais une épave de pomme sans parfum.
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Vinc'
Loup Garou
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MessageSujet: Re: Quelques écailles de dragon   Lun 18 Déc - 12:44

(Je continue de poster jusqu'à ce qu'on me dise que c'est nul héhéhé )

La nuit était illuminée de nombreux éclairs qui dansaient une valse lumineuse, bruyante et effrayante. Comme crachée des sommets des Montagnes Pourpres, la foudre s’abattait violemment sur la petite ville installée dans la vallée.

D’ordinaire citée paisible et protégée, Embaïm semblait maîtrisée par les éléments. Le fleuve qui faisait l’essentiel de son commerce était comme un océan parcouru des plus grands raz-de-marée que le monde eut connu, d’énormes vagues se jetaient du lit de la rivière pour s’abattre violemment sur les berges, écrasant les nombreuses habitations du quartier des marins et des commerçants.

Réveillé par le bruit des tempêtes, le gouverneur-colonel Hers sorti dans les rues, ayant enfilé gauchement son armure et maladroitement ceint son épée.

Il hurlait aux soldats de se hâter et d’aller chercher les habitants les plus proches du fleuve :

-« Que ce quartier soit évacué ! disait-il. Il ne faut pas perdre plus de femmes, d’enfants ou d’hommes ! »

Peu à peu Embaïm grouillait, mue par la panique.


§


Dans un des flancs de la plus haute montagne du récif alentour, une grotte. Ce n’était pas une cavité naturelle, elle avait été creusée à coups de pioches par des hommes solides, des soldats.

Dans cette grotte se tenait un observateur silencieux. Raide et immobile il regardait la vallée se faire balayée par la fureur de son fleuve.

Cet homme là, c’était l’empereur.

-« Qu’il est bon de voir des rebelles mourir ma chère… »

Il s’adressait à une femme qui se révéla dans le même temps qu’il ouvrit la bouche. Accroupie dans le fond elle portait simplement un morceau de cuir noir en guise cache-sexe.

-« Mais je peux faire mieux encore maître, il suffit de me payer et de m’ordonner.
- Mon verbe est ton ordre…
- … Ordonne et j’obéirais, termina-t-elle. »


§


Courant comme un diable sur le pavé mouille, Hers aboyait des ordres à quiconque croisait son chemin. Tantôt il fallait aider cette dame, tantôt on devait aller chercher de quoi fortifier telle ou telle barricade.

Suivant les conseils du magicien de la ville le gouverneur tentait d’isoler le quartier maritime par la construction de barrages qui seraient, après leur érection, renforcés par la magie.

Un lieutenant vint vers le colonel, les barrages de la partie Sud du quartier étaient finis, les apprentis du maître de magie auraient bientôt achevé leur incantations d’hermétisme.

-« En revanche, il nous semble qu’une autre malédiction ne soit en train de s’abattre sur nous colonel ! dit le lieutenant.
-Quelle est-elle ? »

Le soldat n’eut pas besoin de répondre, les hurlements paniqués des villageois le faisant pour lui :

-« Des démons ! »


§


Dans sa grotte la femme intente doucement une sombre litanie, accroupie dans une flaque de sang, le sien.

Susurrant dans la lugubre langue des démons, elle tremble et devient noire de peau. De petits serpents rampent sur ses membres, rentrant et sortant de son corps par des trous dans son derme qu’ils creusent eux-mêmes de par leurs crochets.

Dans son dos une véritable colonie de crânes battent la cadence de sa chanson macabre, ouvrant et fermant les mâchoires, faisant craquer leurs os dans un bruit mat.

L’empereur, toujours là, a détourné son regard de la vallée pour le poser sur la sorcière :

-« Que fais-tu ? demande-t-il. Quel idiome est-ce là ? »

Entre deux souffles bestiaux elle répond faiblement :

-« Parle…avec la…Mort… »

Et elle reprit son rituel, faisant signe à son maître de la laisser.

Le monarque sortit de la grotte, monta sur le cheval couleur neige qui l’attendait attaché à un arbre mort, et s’en alla dans la vallée, il avait à faire.


§


Hers avait beau avoir gagné bien des batailles, tranché de nombreuses têtes et brûlé nombre de cités ennemies, il n’avait jamais été formé à lutter contre des démons.

Ces enfants de la Mort étaient des colosses de chairs fondues et d’ossements ancestraux, certains portaient des appendices qui ressemblaient à des humains, parfois ces lambeaux de chairs bougeaient encore et appelaient à l’aide.

« C’est donc ça le cruel pouvoir des démons ! » songea le gouverneur. « Ils prennent les hommes, les dévore et s’en renforcent ! »

Il remarqua un démon plus petit que les autres qui ne devait faire que quatre mètres. Brandissant son épée, Hers plongea sa lame dans le tronc de son ennemi, qui ne sentit rien.

Le monstre cracha un filet d’acide que le soldat évita d’un bond sur le côté, brûlant alors le cadavre d’un villageois.

-« Disparais, suppôt de la faucheuse ! hurla le militaire. »

Et il déchiqueta vivement le reste de son ennemi qui, bien que vif et fort, se retrouva déchiré en de multiples parties, viscères et cervelle à l’air.

Fourbu de ce combat, le colonel jeta un regard sur la scène de désolation autour de lui. De tous les hommes qui s’étaient lancé dans la protection du Sud de la ville, il était le seul encore vivant.

Un cercle de démons le tenait en respect, ils n’avaient même pas envie de s’attaquer à ce vieux soldat.

Le silence du champ de bataille fut brisé par des sabots qui cognaient les pierres. L’empereur sur son destrier blanc entrait en jeu.

-« J’aurais dû me douter que vous étiez derrière toute cette peste ! ragea Hers. Que nous voulez-vous ? Embaïm est une citée indépendante et elle n’a besoin de personne, ni de vous ni d’un autre, pour vivre ! »

Sur un regard du nouvel arrivant, le cercle de démons se resserra quelque peu :

-« Mais là n’est pas la question mon cher, l’Empire a besoin d’Embaïm pour contrôler les fleuves. Peu m’importe votre volonté, soyez à nous vous n’avez pas le choix !

- Jamais je ne traiterai avec vous !

- Tant pis pour les quelques habitants qui eurent la chance de survivre alors… »

D’un geste de la main, les démons se réunirent en colonne et s’envolèrent pour le centre de la ville, hurlant et vomissant des nuages de flammes.

Déjà des cris de détresses germaient.


§


A demi-morte, la sorcière en avait terminé de son rituel noir. Exténuée, elle peinait à rester accroupie tant cela lui demandait d’efforts.

Elle ne sombra enfin dans le sommeil que lorsque tous les serpents furent sortis de son corps, la faisant cicatriser miraculeusement.

L’empereur la regardait dormir, portant sous son bras un paquet rond.

-« Tiens, voilà ta récompense douce succube… dit-il en posant le colis devant elle. »

Et il s’éloigna, repartant vers sa nouvelle citée. Il allait la reconstruire à son image, belle et forte, arrogante et dominatrice.

La femme rouvrit les yeux qui tombèrent presque aussitôt sur ce que le monarque avait laissé pour elle. Excitée elle l’ouvrit, et sourit en caressant son contenu.

Elle n’avait pas tué ses anciens concitoyens pour rien au moins. Enfin elle avait récupéré ce qui lui avait le plus manqué depuis que le maître de magie avait tracé cette ligne l’empêchant de revenir à Embaïm. Tant pis si les autres étaient morts, voire tant mieux.

« Papa, comme tu m’as manqué… » murmura-t-elle d’une voix triste en glissant ses doigts dans les cheveux ensanglantés de Hers.
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Amôn
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MessageSujet: Re: Quelques écailles de dragon   Lun 18 Déc - 16:28

J'ai tout bien parcouru dans un silence religieux et en arborant mon air le plus concentré.

Et dans le premier texte j'ai calé sur un phrase que j'ai lue et relue : "là où la guerre ne coûte pas bien chair". C'est le genre de jeu de mots qui ne se destine pas à l'humour facile comme tous les autres jeux de mots - et que j'apprécie particulièrement.

Le lecture du second fut plus mouvementée : mon cerveau m'envoyant un flot continu d'images qui pourraient être celles illustrant l'histoire. Les démons m'ont rappelé le comics "Battle Chasers" si tu connais. La fin est... troublante! On y apprend beaucoup de chose en si peu de phrases.

"Je continue de poster jusqu'à ce qu'on me dise que c'est nul héhéhé" >>> je ne suis pas expert mais personnellement je trouve pas ça nul, désolé tu vas donc devoir en mettre d'autres.

;-)
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Vinc'
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MessageSujet: Re: Quelques écailles de dragon   Lun 18 Déc - 16:41

Oh merci ! Very Happy

Et continuer ? Humm d'accord si je trouve d'autres petits textes assez sympa (mais bon la fantasy c'est pas mon rayon Very Happy)
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Alfoïde
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MessageSujet: Re: Quelques écailles de dragon   Lun 18 Déc - 20:49

Oui, s'il te plais, encore!
J'apprécie beaucoup quand les gens écrivent en images et en sensations, en émotions, en odeurs, en couleurs, en mouvements, et pas genre "descriptif scientifique", et tes phrases ont de la saveur et de la dimension.
Je me réjouis d'en lire plus, de tes écrits!
Si je peux me permettre, par contre, il y a quelques fautes d'orthographe, qu'on pardonne volontiers, mais aussi quelques phrases où se glissent des expressions qui ne sont peut-être (a moins de volonté expresse de ta part) pas idéalement utilisées, exemple: "Fourbu de ce combat..." quand l'expression classique est "Fourbu par ce combat..."
Mais a part ça, jeune Dragon, bon vent a ta créativité!
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Vinc'
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MessageSujet: Re: Quelques écailles de dragon   Lun 18 Déc - 21:34

Merci ! Very Happy

(Suffit de pousser et on est reconnu Laughing)

Oui l'orthographe c'est un vieil ennemi, j'essaye de m"y faire et je fais des progrès mais bon...Laughing

Enfin je vais voir pour d'autres écrits, je sais juste qu'on m'a demandé une suite pour ce texte alors peut-être que oui Smile
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Vinc'
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MessageSujet: Re: Quelques écailles de dragon   Jeu 15 Fév - 15:47

Un 'tit texte, une novellette Laughing








Une araignée grimpe sur mon écran.

Je tapais un article pour le Journal, détenteur de la vérité, concentré dans la rédaction de mon texte. Mais voilà que la bête surgit de nulle part et me stoppe net.

L’index en suspension au-dessus de la touche « p », mes yeux sont rivés sur l’arachnide. A peine plus grosse qu’une tête de lézard, elle parvient néanmoins à attirer l’intégralité de mes songes sur elle. C’est tout simplement surprenant.

Je tente de me replonger sur mes phrases, recadrer tous mes songes sur l’activité des passeurs de clandestins, mais rien n’y fait.

L’araignée me trouble et je ne sais pas pourquoi.

Alors, dans un excès de lassitude, je la prends délicatement et la jette contre le mur. Là elle se débat un peu, puis remet sur ses huit petites pattes pour repartir se nicher dans un nid sombres.

Je me lève et l’écrase, je ne supporte pas d’être dérangé.

§


J’arrive à la rédaction en marchant d’un pas ni trop tranquille, ni trop énervé. Malgré le petit intermède avec l’araignée, l’article est fini.

On pourrait se dire qu’il est ridicule de s’être arrêté pour une simple bestiole, et je le pense aussi. Cependant il y avait quelque chose d’anormal ou tout du moins c’est ce que je crois.

Il semblait qu’une présence maligne avait empli ma pièce lorsqu’elle, l’araignée, était intervenue. Ce n’était pas elle, impossible, mais elle en était une des représentations.

De là à connaître le but qu’elle avait, il y a un fossé énorme, je n’ai jamais pensé qu’il existait une signification à la présence des choses. Elles sont là soit parce qu’on les y a mises, soit parce qu’elles sont venues, point.

§


Lorsque je franchis le sol de la porte vitrée, je remarque que le carrelage a été trop frotté. Il brille tellement que les lumières se reflètent et me déchirent les yeux.

La manche devant la tête je passe rapidement, il ne sert à rien de s’attarder. Je longe les murs et évite de justesse pots de fleurs et fontaines à eau.

Je m’arrête devant l’ascenseur, appuie sur le bouton d’appel. Dans ma valise dort tranquillement l’article, bientôt il sera livré.

Quand les portes s’ouvrent devant moi, je sens un frisson parcourir mon échine.

§


Face au patron, je n’en mène pas large, je suis stressé et inquiet.

C’est assez inexplicable, j’étais tout à fait décontracté en entrant, et au moment exact où mes doigts se sont posés sur la feuille que je devais donner, je me suis mis à penser différemment.

J’avais tapé le texte avec fierté, là je voyais nettement les fautes. Enfin non, je ne les voyais pas, je voyais celles que le rédacteur en chef apercevait.

Il commença de lire et, comme à son habitude, me tourna le dos. Les premiers mots de l’article m’apparurent distinctement.

Il me dit qu’il y a faute de chronologie, que la mise en contexte est mauvaise.

Je lui demande pourquoi il ne me fait pas remarquer que c’est surtout qu’il pense le contraire de ce que j’ai mis. Il ne me répond pas, m’indique juste la sortie.

§


Je dois retaper le texte, le refaire intégralement. Il est bon mais pas assez neutre, alors j’ai trois heures pour en rendre un mieux.

Je recommence, depuis le début. Raye quelques phrases sur le brouillon, rajoute des mots, utilise des références plus poussées.

Les touches ne connaissent pas de répit jusqu’à ce que j’aie fini, j’imprime et relis à voix haute. Heureusement que je suis seul, sinon ma femme penserait que je parle avec un politique tant le discours est sérieux.

Un regard rapide vers l’horloge me montre qu’il me reste une heure et demie. Fatigué, je m’accorde un sommeil.

§



Lorsque je me réveille, le soleil a une couleur matinale.

Je me lève et attrape mon réveil, il n’est pas là. Je suis dans mon lit.

Je me sens mieux alors, mon patron n’a pas refusé mon texte, c’était juste un rêve dû au stress. Il me reste toute une journée pour terminer l’article, du calme.

La thermos me sert un café réchauffé, je le prends sans trop en savourer le manque de goût, traînant les pieds vers le poste informatique.

En allumant l’écran, je remarque qu’une araignée grimpe dessus.
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Vinc'
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MessageSujet: Re: Quelques écailles de dragon   Dim 6 Mai - 14:51

Bon, pas grave s'il a pas plu Laughing

mais dites-le au moins ! Very Happy

et celui-là ?

-------------


L’arrivée de l’expédition sur la planète fut, dit-on, l’amorce d’une nouvelle ère de recherche dans l’histoire de l’exploration spatiale. Le vaisseau amarré pour l’occasion avait flotté pendant l’équivalent de trois ans au travers de la galaxie avant de se poser sur l’objectif qui lui avait été alloué. Le voyage n’avait pas été trop dur, à vrai dire il n’y eut pas de difficultés réelles, aussi l’appareil arriva dans un état tout à fait convenable pour pouvoir songer à un départ sans réparations préalables.

L’équipage avait été tenu en sommeil dans de curieuses boites de verre, quelques gaz soporifiques y circulant constamment afin de les garder inconscients, le corps perfusé afin de supporter les contraintes biologiques de leurs organismes anormaux, mêlant chairs et machines avec une harmonie parfaite.

Les premiers pas que firent les explorateurs ne révélèrent pas grand-chose de passionnant. Ils ne virent là qu’une terre uniformément plate et grise, au climat glaciaire. Si par moment on pouvait deviner qu’à un endroit il y avait eu des tuyaux qui striaient le sol, et probablement quelque bâtisses, on ne pouvait n’émettre que des hypothèses à ce sujet. Aussi le premier constat fut des plus ternes ; il ne semblait rien y avoir.

Néanmoins les individus venus d’ailleurs respectaient là le protocole qu’on leur avait imposé ; il ne fallait pas plonger dans la hâte mais d’abord vérifier si rien en ces lieux ne représentaient un potentiel danger. A cet égard, l’avis était unanime ; ni les détecteurs, ni les radars, ni même les animaux dressés à cet effet n’avaient flairé l’once d’un risque. Il semblait presque que la planète était morte.

En effet, d’un point de vue de l’activité sismique il n’y avait rien. La chaleur s’était enfuie, et l’eau ne coulait pas. La vie ne germait nul part, et cela ne laissait guère le choix aux suppositions. Soit la planète n’avait pas commencé à vivre, il faut si longtemps pour commencer à pousser des balbutiements d’existence, ou alors elle était morte. Compte tenu de la présence probable de ruines, c’est cette idée qui fut retenue, et c’est uniquement pour cette raison qu’ils l’explorèrent.

Ne tombons pas dans les préjugés qui nous dominent car il est notable, à l’heure actuelle, que ces êtres ne cherchaient par à coloniser. D’après le peu de choses que nous savons maintenant, la seule quête qu’ils semblèrent avoir fut la recherche de leur histoire. D’ici on peut promptement déduire qu’il s’agit de l’un de ces peuples envoyés coloniser quelques terres spatiales et dont le berceau de leur existence avait cessé d’être.

Quoiqu’il en soit, tous sortirent de leur capsule stellaire, se formant en un petit groupe mené par un individu de taille plus imposante que les autres d’environ deux ou trois têtes selon les critères du peuple. Il ne semblait pas y avoir de dialogues entre eux, pourtant il serait absurde de dire qu’ils se passaient de communiquer. La théorie la plus plausible est que, à l’instar de certains insectes, chacun disposait d’une conscience commune qui leur permettait de recevoir informations de leurs voisins ou de leur planète, tout en laissant filtrer leurs émotions.

Cette gêne apparente ne se révéla pas être un handicap, au contraire ils avancèrent rapidement, sans rien découvrir de fabuleux, mais ce fut tout de même une exploration concluante. Leurs premiers pas les menèrent dans cette immense plaine lunaire qu’ils avaient vue en arrivant, ils ne notèrent rien de captivant et continuèrent leur progression.

Ils débouchèrent alors sur un paysage un peu plus vallonné, mais toujours aussi lugubre. Cependant leurs théories portant sur l’existence probable d’une vie antérieure furent confirmées ici. De nombreuses ruines jonchaient le sol et, autant qu’ils purent en juger, elles semblaient très ancienne. Leur base était circulaire, et les bâtiments ne montaient pas à plus d’une centaine de mètre de haut. Le teint était gris, mais un peu plus bleuté. L’effet devait certainement être du au gel. L’intérieur de ces tours montrait qu’elles étaient constituées d’étages, environ une soixantaine, et qu’elles contenaient tout le nécessaire pour vivre. Cependant ils n’expliquèrent pas les trous béants dans les toitures des ruines les moins effondrées, et encore moins les traces noirâtres qui se répandaient linéairement sur les cloisons.

Après avoir enregistré quelques images qu’ils firent circuler jusqu’à leur planète, ils reprirent la route, un peu plus confiants dans leur démarche. En effet, la plupart suivaient le protocole seulement parce que c’était là ce qu’on leur avait appris à faire, rares étaient ceux qui semblaient convaincus qu’ils trouveraient ici les vestiges de leur passé.

Ils marchèrent alors pendant une éternité, peu à peu les ruines grandissaient. Une ville semblait avoir été dressée ici et, bien qu’elle soit à l’abandon, on aurait pu percevoir ça et là des signes d’une vie prête à ressurgir dans ce monde abandonné. Bien sur lui aurait fallu que les nouveaux habitants ne soient humainement pas sains d’esprits, et sûrement qu’aucun d’eux n’aurait eu une morphologie identique à celle de son voisin, tous étant déformé de manière à vivre le plus en harmonie avec cet environnement macabre.

Au sortir d’une imposante rue, ils sentirent pour la première fois un souffle d’air qui, contre toutes les théories sur la mort de ce monde, était d’une chaleur infernale. Aussitôt leurs capteurs de chaleurs partirent en vrille et divaguèrent quelques temps, pour finir par trouver la source de l’incident.

Ils s’orientèrent vers une tour plus petite que les autres. Son apparence cossue se dégageait de l’architecture du reste de la cité. Son toit était érigé en pointe, et le toit était rouge. Les murs semblaient organiques et se mouvaient dans un rythme et dans des mouvements évoquant ceux d’un remous viscéral. Le lieu ne semblait pas ressentir le froid glaciaire, et c’était la seule chose à vivre ici. Il n’y avait qu’une entrée, qui ressemblait à une porte de verre consolidée par d’imposantes poutrelles d’acier.

Leur approche fut disciplinée, le chef les menant en premier lieu vers le mur, qu’il toucha de sa main. Il la retira de suite et envoya une sensation de dégoût au reste de sa communauté. Le mur n’était pas de chair, mais il semblait qu’une sorte de vie parasite grouillait en lui. Après avoir concerté le reste de son groupe, il décida de rentrer dans le bâtiment.

Il ne fit pas état de ce qu’il vit, il parvint même à bloquer ses pensées pour éviter que son peuple ne perçoive ces images. La seule chose que le monde sut, fut qu’il sortit couvert d’un liquide poisseux et rouge, au curieux goût cuivré après être resté quelques temps au sein du bâtiment. On n’avait entendu ni cri, ni autre bruit. Il portait dans ce bras d’étranges plaques qui semblaient gravées par des signes incompréhensibles, mais auquel il attachait une valeur indéniable. Il mena son groupe jusqu’au vaisseau et les ramena chez eux.

On prétend que tout le long du voyage il divagua et que sa conscience envoyait de cruelles images de bipèdes à la peau rose, jaune ou noire se livrant à de brutaux combats dans des arènes aux teintes macabres. Il montrait que les chefs d’orchestre de ces rixes étaient des individus semblables à de grands insectes mécaniques et qu’ils laissaient là s’entretuer les choses aux teints variés car cela servait leur dessein. Il parla aussi de failles dans le sol, de légion de monstres, et de leurs liens avec eux. Sans nul doute il aurait continué à divaguer pendant longtemps et aurait transi sa folie à ses semblables s’il n’avait pas été déconnecté de la conscience commune à ce moment précis. Il mourut des suites de cette déconnexion, seul dans l’univers qu’il avait aperçu.

Ce n’est que lorsque l’expédition rentra et que les plaques furent traduites que l’on comprit tout de ses changements soudains.
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