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 Daniel Empereur : aventures dans les espaces-temps

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Wee
Toutou à sa mémère
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MessageSujet: Daniel Empereur : aventures dans les espaces-temps   Mar 16 Oct - 7:38

Professeur D. Empereur

Je vérifiais une dernière fois les relevés du test de la veille, cherchant sans me l'avouer un détail inquiétant qui m'amènerait à repousser l'expérience. Hélas (je n'aurais jamais cru regretter un jour une telle chose) tout était satisfaisant, le paramétrage était optimal et les chances de succès avoisinant les 88%, ce qui était bien au-dessus des paramètres de sécurité que j'avais fixés. En cas d'échec, la Cohérence EH était connu pour simplement résister à la pénétration, sans mettre en danger quiconque. C'est donc avec un soupir résigné que je lançais l'enregistrement vidéo.
- Expérience cent-quarante-deux. Vingt juillet mille neuf-cent quatre-vingt dix-huit, sept heures zéro une. Tous les paramètres sont bons, les variables sont stabilisées, et le générateur a tourné pendant les dernières vingt-quatre heures pour dépasser les éventuelles distorsions harmoniques résiduelles, même les plus infimes. Je ne veux rien laisser au hasard.
M'interrompant pour enfiler une botte, je pensais à la note d'électricité. Bah, il y avait bien d'autres appareils gourmands en énergie dans les autres départements, et au moins le mien menait quelque part. Je cru entendre un bruit dans l'encadrement de la porte, mais il n'y avait personne. Je repris :
- Je suis le professeur Daniel Empereur, et je me prépare à tenter de traverser la Cohérence Einstein-Hawking. Les coordonnées correspondent à une zone inhabitée où je ne perturberais personne, et le retour programmé devrait se faire précisément une minute après mon départ.
Tandis que je parlais, je sentais mon appréhension première se dissiper, pour faire place à une excitation montante.
- Ils m'ont cru fou –Seigneur, je ne pensais pas dire ça un jour, c'est tellement cliché- mais cette fois, c'est la bonne. Le Transporteur Quantique est au point, mes calculs ne se trompent pas, assénais-je en tapant sur mes classeurs du plat de la main.
Je tremblais d'adrénaline, maintenant, et j'avais du mal à me rappeler le texte que j'avais préparé.
- Je vais me matérialiser dans une région déserte de l'Australie, y passer une minute, et revenir. La caméra tournera pendant mon absence, et il se pourrait même que j'apprenne quelque chose des légères perturbations du départ et du retour d'un élément de ma taille : il ne s'agit plus de déplacer un taille-crayon, cette fois, mais pour la première fois de l'Histoire, un être humain… Et de le ramener !
Nouveau bruit du côté de la porte. Si j'y avais prêté plus d'attention, au lieu de me laisser emporter par l'euphorie du voyage, les choses auraient sans doute tourné différemment. Au lieu de cela, je m'avançais devant la machine après avoir achevé de me vêtir.

J'avais préféré envisager le pire, à savoir un problème lors de la séquence de retour, qui me verrait bloqué en plein milieu de l'Australie. J'avais donc prit soin de m'habiller comme un explorateur du bush, le genre de scientifique en goguette avec son paquetage de survie totalement fonctionnel et ses vêtements adaptés à la fois au climat et à la vision romancée qu'on peut avoir de la nature sauvage. Le sac de randonnée -scientifiquement garni- solidement fixé dans mon dos, le cache-poussière graissé de frais me claquant les mollets, je jetais un regard à la pièce et au Transporteur Quantique derrière moi. L'énorme machine ronronnait tranquillement, ses multiples voyants dans le vert. Le système de climatisation de la pièce formait une brume à hauteur des chevilles, et une légère odeur d'ozone flottait autour des générateurs auxiliaires. Sentant l'œil de la caméra fixé sur moi, je pris une posture que j'espérais digne et légèrement conquérante, et resserrais les sangles du Relais-Quantique fixé sur mon avant-bras : un appareil unique, qui permettait à son porteur de bénéficier du champ de déplacement quantique. Mon but était simple… j'allais pratiquer la première téléportation humaine. Cela m'avait prit 20 ans pour arriver à déblayer le chemin parmi toutes les théories de physique quantique et fondamentale. Mondes parallèles, voyages dans le temps… Ah ! Foutaises ! La véritable application pratique était dans l'utilisation du principe capital qu'il n'était pas impossible, juste improbable, d'être à un différent endroit de l'espace-temps que celui où on se trouvait actuellement.

Mon Transporteur Quantique, expliquais-je à la caméra, allait manipuler les probabilités en faisant accepter au continuum qu'effectivement, il n'y avait aucune raison que je ne sois pas en Australie à batifoler parmi les kangourous, plutôt que dans cette aile en travaux de l'université de Paris 14, à parler tout seul devant une machine de science-fiction. Cela avait marché sans aucun problème sur des petits objets simples, tout d'abord. Un cube en bois, un taille-crayon, un trousseau de clefs… Puis j'avais augmenté la complexité, et les choses s'étaient gâtées. Ainsi, une calculatrice me revint complètement déréglée, incapable d'effectuer correctement les calculs les plus simples. Je travaillais de longues semaines sans vraiment dormir avant d'établir que ses systèmes de calculs avaient été faussés par ce que j'appelais des distorsions harmoniques, des sortes de vagues qui avaient perturbé sa "mémoire", avaient en quelque sorte "tordu" sa logique de fonctionnement. De longs mois avaient passé avant que je n'arrive à mettre au point des compensateurs d'harmoniques qui encaissaient les distorsions et les aplanissaient progressivement, jusqu'au point où le transfert devenait sûr. Au final, pour ma dernière expérience, la plus spectaculaire, j'avais transporté un dictaphone en mode d'enregistrement. Quel plaisir, quelle victoire, d'entendre sur la bande, à son retour, les bruits familiers des machines du laboratoire soudain remplacés par des sons venus de la forêt amazonienne, où j'avais expédié l'appareil ! Tout ceci réglé, j'avais transporté des insectes, des mulots, et me transporter moi-même était la dernière épreuve, la plus décisive pour l'avenir du projet et de mon prix nobel.

Ayant enregistré tout ce que je souhaitais, je baissais la tête pour passer sous un portique encombré de câbles divers. Avec mes moyens, je n'avais eut ni la possibilité de construire grand, ni celle de m'offrir le luxe d'une finition esthétiquement soignée. Le Transporteur Quantique était donc un assemblage divers de portiques en tubes métalliques nus, d'appareillages électroniques et informatiques, de moniteurs, et de câbles pour relier le tout. Au centre de la partie supérieure trônait le projecteur de champ quantique, disposé au-dessus de la plate-forme de transfert. Celle-ci était un ouvrage unique, constitué d'une couche d'alliage de divers métaux précieux et de quartz synthétique, enrobant un large disque de fer fortement aimanté. Sous mon poids, elle s'abaissa un peu et me renvoya une légère poussée, comme le plateau d'une balance. J'étais conscient de la dimension historique du moment, et mes sens étaient attentifs au moindre détail tandis que, paradoxalement, je sentais ma tête se nimber de coton. C'était donc cela qu'avaient ressenti Léonidas, les fondateurs des Droits de l'Homme, Charles de Gaulle, Elvis Presley, et l'inventeur des post-it, tandis qu'ils faisaient l'Histoire... Le travail que j'accomplissais ici n'était que le début d'une nouvelle ère, où les notions d'espace et de distance prendraient une toute autre signification, modifiant notre conception de l'univers comme l'avaient fait les travaux de Copernic. Totalement extatique, je lançais la machine, savourant ce moment d'éternité alors que je sentais l'énergie s'accumuler et que les moniteurs indiquaient la mise en route du processus.

Mais l'éternité est décidément un concept bien surfait : celle que je goûtais en tout cas s'avéra dramatiquement courte. D'un coin de la pièce, je vis surgir un singulier personnage en manteau qui s'avança rapidement dans la lumière crue des néons et brandit quelque chose.
- Non ! Criais-je en me protégeant des bras, brusquement dégrisé.
Le chuintement du transporteur mourut, et les écrans virèrent au noir. Les générateurs tournèrent dans le vide quelques secondes et s'arrêtent eux aussi tout à fait. Je n'osais y croire. C'était impossible. Enfin, improbable.
- Qu'avez-vous fait, malheureux ! Hurlais-je finalement, rompant le silence lugubre qui s'était abattu après l'arrêt de la machine.
L'autre ne répondit pas. A vrai dire, il était trop occupé à déchirer mes notes de recherches les unes après les autres, après un rapide coup d'œil appréciateur à chacune. Encore sous le choc, je le détaillais. Il portait un manteau similaire au mien, qui semblait cependant avoir plus vécu : il était roussi et rapiécé par endroits. Il mesurait à peu près ma taille, des cheveux plus longs que moi mais de la même couleur brune, et j'avais aperçu une barbe de trois jours lorsque qu'il était arrivé. L'homme ne me prêtait pas la moindre attention. Reprenant mes esprits, commençant à me sentir envahi d'une rage bien naturelle, je sorti du transporteur et cherchait des yeux un objet lourd… L'étrange arme que me brandit alors l'intrus sous le nez me stoppa net. Mon oeil accrocha un appareil qu'il portait à l'avant-bras, et je regardais machinalement le Relais-Q attaché au mien. Celui de l'inconnu était lourdement modifié, mais il aurait été impossible que je ne reconnaisse pas un instrument que j'avais moi-même créé et assemblé, EN UN SEUL EXEMPLAIRE. Pourtant, c'était les mêmes. Et lorsque je levais les yeux vers sa tête, et que je vis mon propre visage me fixer d'un air crispé, je ne trouvais qu'une seule chose à dire, suffoquant sous la surprise :
- Mais.. Pourquoi diable portez-vous ces lunettes de la R.A.F ?


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Amôn
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MessageSujet: Re: Daniel Empereur : aventures dans les espaces-temps   Mar 16 Oct - 12:08

oooooh... y'a une suite?
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Grey
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MessageSujet: Re: Daniel Empereur : aventures dans les espaces-temps   Mar 16 Oct - 13:45

Si y en a une moi je la veux bien!
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Wee
Toutou à sa mémère
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MessageSujet: Re: Daniel Empereur : aventures dans les espaces-temps   Mar 16 Oct - 14:05

La suite dans pas longtemps, par le pote avec qui on essaye ce format.


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Raphaël Lafarge
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MessageSujet: Re: Daniel Empereur : aventures dans les espaces-temps   Jeu 25 Oct - 3:06

Les salves de plasma bleu éclaboussent le sol, s’y répandent, et sous leur luminescence liquide, on peut voir fondre les dalles métalliques. Il faut courir pour éviter les tirs de liquide, substance ardente qui se déverse tout autour de nous en cascades violentes.
- Enfer ! fait mon chef d’équipe, touché par le plasma. Mon esquiveur marche plus !
Puis il est touché par un tir de décaleur, et il meurt sur le coup.
Les esquiveurs directs, c’est la base de la base du voyage dans le temps. C’est ce qui évite à plusieurs factions d’intrus d’autres époques d’annuler mutuellement leurs actes, sans cesse, en un cycle absurde de réinvention d’une ligne temporelle. Il existe des univers de ce type, les Tabous, que tous les voyageurs fuient comme la peste, où l’on n’est même pas sûr, lorsque l’on y pénètre, d’y avoir un jour pénétré ou non, justement. Ces bordels interdimensionnels sont pour ainsi dire en quarantaine, et fort logiquement, se renseigner sur l’un d’eux équivaut à contaminer son monde d’origine.
Les esquiveurs directs évitent le début d’une réaction en chaîne. Toute particule d’une chose crée son sillon d’avancée dans l’espace et dans le temps, c’est comme une chaussette transparente enfilée sur les éléments du monde. C’est une gaine qui doit envelopper toutes choses, un lien au Mur-Esprit. La tâche des esquiveurs est la même, dans le fond, que celle de toute la palette de mécanismes protecteurs que se constituent les voyageurs : ils exploitent cette liaison, ils renforcent la résistance que l’on s’évertue d’ordinaire à percer.
Pour résumer au-delà du charabia, les esquiveurs directs empêchent le voyageur de voir ses actes passés être annulés avec facilité. Je ne sais pas comment le présent subjectif peut être considéré comme fixe, et le point au-delà duquel, dans le passé, les actions sont verrouillées et imperturbables, mais c’est ce qui se passe. Avant que vous ne me le demandiez, je ne sais pas non plus pourquoi on doit sans cesse affronter les Trublions, pourquoi ces monstres représentent une menace alors que, le présent objectif n’existant pas, les esquiveurs devraient rendre inéluctables nos actions à travers la totalité du continuum espace-temps. Je ne suis pas un technicien, seulement un soldat de l’Esprit !
On va essayer de situer un peu mieux les choses, parce que partout où les Trublions passent, ils sèment le chaos, et même dans mon rapport saint, tout ça ne ressemble à rien. Je suis dans une grande salle de métal de je ne sais quelle époque à la manque dont les habitants ont fort sagement fui la zone, il y a des tirs partout, mon équipe est en train de se faire fragmenter et je cours partout en essayant de retrouver des repères.
Le plasma éclate autour de moi. Je fais de mon mieux pour éviter les flots, parce que s’ils atteignent mon scaphandre, l’esquiveur se détraquera et les Trublions en profiteront pour m’achever avec des armes plus classiques. Des maudits flingues qui décalent les différentes parties du corps à des mètres l’un de l’autre, sans doute, éparpillant leurs ennemis avec un minimum d’énergie.
Les Trublions se rapprochent de toutes parts. Ils sont nombreux, cette fois. Et enragés. Les Trublions sont toujours enragés. Il est interdit de pénétrer dans les Tabous, mais leurs habitants ne se privent pas d’en sortir. Dieu sait pourquoi les univers piégés dans un cycle de totale réorganisation continue engendrent d’autres créatures, mais c’est le cas, on a toujours affaire à des êtres inhumains, et immanquablement animés de mauvaises intentions. Ils nous en veulent, sans doute, de bloquer autant qu’on peut les communications des Tabous avec les branches saines. Peut-être aussi sont-ils mécontents que leur monde d’origine ait disparu au gré des modifications – selon notre logique quantique, chaque version d’une époque existe encore quelque part, mais allez la retrouver dans le cauchemar chaotique des univers Tabous. En tout cas, ces monstres sont hargneux.
Pour l’occasion, on a droit à un commando aux têtes vaguement insectoïdes, avec des museaux et des oreilles d’antilopes. Ils ont plus de membres que nous, et en nombre asymétrique, en fait, mais les scaphandres m’empêchent de distinguer à quoi ressemblent leurs corps. Non pas que j’en aie envie. Je suis enfin parvenu à régler mon Arme-Esprit. C’est au tour de ces pauvres choses, qui ont déjà éparpillé tant de membres de l’équipe, de déguster la sauce.
Je tire. J’en chope un, je le renvoie dans les Tabous en dix fragments. Au début, nos Armes-Esprit se contentaient de bannir les Trublions, mais la chose manquait d’efficacité, ils finissaient toujours par retrouver notre branche temporelle. Alors, on fait comme eux avec leurs flingues de décalage spatial, on les disloque. Pas de quartier.
Les morceaux éclatés de mes frères volent autour de moi. Je continue à me battre. J’y crois pas, j’ai presque gagné, il n’en reste pas un ! Ha si, un ennemi est là. Un fort. Davantage que les autres. Le chef des Trublions, ou bien leur gros bourrin, je ne sais pas, j’ai jamais réussi à comprendre la manière dont ils pensaient. Mais il est grand, il a un décaleur en forme de bazooka. Il pare mes tirs en se réfugiant derrière les rivières de plasma qui coulent à travers toute la salle. Quand j’essaie de forer dans les flots à l’Arme-Esprit, naturellement, leur foutu liquide bleu absorbe les tirs d’exil. Une charge d’Arme-Esprit, c’est joli, il y a comme plusieurs rayons entrelacés, chacun réglé sur un Tabou différent. Quand je tire, des cordes de lumière multicolores viennent frapper le plasma, et s’y mêlent, le rendant un peu moins fluorescent, un peu plus transparent, mais sans parvenir à le percer.
Le Trublion va se cacher derrière une autre cascade, je tire, je ne parviens qu’à expulser la paroi de métal dans les poubelles dimensionnelles d’où vient toujours cette lie. Derrière, le trou me montre une autre salle, avec des techniciens affolés dans des habits d’argent. Finalement, ils ne se sont pas tous enfuis, les petits gars du coin.
Le Trublion me parle dans son dialecte, et je le comprends. Un langage structuré ! Que mon scaphandre peut saisir ! C’est assez rare pour que je le signale.
- Pourquoi nous chasser ? Nous ne voulons qu’un refuge.
- Vous contaminez tout le Mur-Esprit… dis-je, récitant des prières contre cette maudite engeance. Et c’est vous qui attaquez tous ceux qui croisent notre route.
- Cette guerre n’en finira jamais ? demande le Trublion.
- Notre tâche est sans fin.
Le Trublion passe à nouveau d’une cascade à l’autre, mais cette fois, c’est lui qui tire. J’évite sa salve de décaleur, laissant une part immense de l’environnement se faire démolir, et je presse la gâchette. Son bazooka a apparemment une excellente cadence, il a encore fait feu. Les deux tirs se percutent, ce qui n’aurait pas eu de graves conséquences si une goutte de plasma n’était pas venue y foutre la salsa.
- Ha ben bravo… fait le Trublion avant que l’explosion lente ne l’avale.
- Le Mur-Esprit me protège, affirme-je en affrontant la lumière.
J’ignore où nous allons nous retrouver, mais je me sens très bête.
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greenbat
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MessageSujet: Re: Daniel Empereur : aventures dans les espaces-temps   Sam 27 Oct - 19:37

Mmmmh! Z'aime bien! Encore!
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Wee
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MessageSujet: Re: Daniel Empereur : aventures dans les espaces-temps   Dim 24 Fév - 16:55

[J'arrive pas à croire que c'était y'a 4 mois... C'est complètement dingue, à croire que j'ai sauté dans le temps moi aussi]

Professeur D. Empereur

L'homme qui avait mon visage était agité. Nerveusement, il m'expliqua qu'il venait empêcher mon expérience afin de nous éviter des ennuis, futurs pour moi et passés pour lui. D'après lui, les nouveaux réglages du Transporteur Quantique que j'avais effectués en vue du déplacement d'un être humain allaient "être remarqués", et tout se gâterait pour moi très vite. Quand il baissa son arme (enfin, cela avait l'air d'en être une, pour ce que j'y connaissais), mon cerveau se retrouva face à trois possibilités. La première était d'accepter ce qu'il avait dit sans y réfléchir. La seconde, de tordre ses paroles pour en faire quelque chose d’acceptable, qui satisferait mon éducation scientifique. La dernière, vers laquelle je tendis tout d’abord, était de simplement tout rejeter en bloc, me faire courir vers la sortie la plus proche, afin d'avertir la police, les pompiers et l'armée qu'un fou armé et dangereux se promenait dans mon laboratoire. Mais la perspective de me faire assassiner à la veille de ma gloire rendait les deux premières solutions plus attirantes, aussi j'y accordais plus d'attention que je ne l'aurais fait en des circonstances normales. Soit cet homme (sosie naturel ou chirurgicalement altéré) avait été informé de mes travaux secrets et envoyé par une puissance adverse, ce qui risquait d'entraîner une utilisation militaire de mon projet, soit il disait, d'une façon ou d'une autre, la vérité : il était venu m'empêcher de mener mon expérience à son terme pour m'éviter les ennuis qu'il pensait prévoir. Il remarqua, bien sûr, mon indécision.
- Inutile de paniquer, Daniel, je ne suis pas envoyé par la Fédération Norvégienne, me fit-il.
Je le regardais, méfiant.
- Et certainement pas par le Texas.
Depuis le coup d'état de Dallas en 63, le Texas était la la plus menaçante des nations indépendantes issues du morcellement des USA. S'ils avaient décidé de mettre mon invention à leur profit, cet homme ne reculerait devant rien pour l'obtenir, j’en étais persuadé.

Mais mon singulier double ne me donnait pas l'impression d'être un agent texan. Sur le ton de la conversation je m'enquérais donc de ce qui me préoccupait le plus, posant une question qui aurait été un acte vengeur sans la menace de son arme :
- Je peux savoir pourquoi vous détruisez des notes qui représentent quinze ans de travaux ?
L'homme s'arrêta, des papiers à la main, sur lesquels je reconnu mes équations d'étude sur les résonances résiduelles post-déplacement. Je comptais un jour les revoir en détail afin de présenter quelque chose d'achevé le moment venu. Trop tard.
- Pour te sauver la peau, mon vieux, fit-il. Et me sauver aussi. Pas de notes, pas de traces, et je te connais, tu n'auras pas le courage de tout refaire. Pas à ce point-là de ta maturation. Plus tard peut-être, mais là tu n'es encore qu'un scientifique anxieux. Tu verras. Ou plutôt non tu ne verras pas, c'est bien pour ça que je suis là.
Ce bavardage sans queue ni tête ne menait à rien. Le calme initial provoqué par le choc s'était évanouit depuis longtemps, et seule la présence de son arme retenait mon bras. Il le savait, bien sûr, vu le regard anxieux qu’il gardait sur moi la plupart du temps. Mais à chaque fois qu’il détournait les yeux pour fouiller mon bureau, je défaisais un peu plus les lanières de mon sac à dos, jusqu’à ce que celui-ci soit à peine retenu contre mon échine. C’est alors que je frappais.

M’arc-boutant, j’effectuais une rotation, libérant mon sac de mes épaules et le projetant à bout de bras vers mon doppelgänger prit par surprise. Il tenait une liasse froissée, sur laquelle je reconnu mes équations pour le générateur de champ quantique. Mon sac frappa d’abord l’homme au bras et termina sa course dans son abdomen. Souffle coupé, il décolla et passa par dessus le bureau. Je profitais des quelques secondes de battement pour me jeter sur le signal d’alarme à incendie. Les cloches se mirent à me vriller les tympans, tandis que des lampes rouges clignotaient comme dans une antique série de science-fiction. Je rassemblais mes esprits pour tenter de faire abstraction du bruit, et aperçu mon double qui de toute évidence luttait de manière similaire. Mais, chose étonnante, ce n’est pas moi qu’il regardait, mais la porte qu’il avait verrouillée à son arrivée. Il se mit à pianoter sur son relai-Q, sourcils froncés, puis me cria quelque chose en pointant la sortie de secours, à l’opposée de l’entrée. Elle était encombrée d’appareillages divers, si bien que j’en avais depuis longtemps oublié l’existence. Interloqué, je secouais la tête avec hargne. J’avais provoqué ce bazar pour lui causer des ennuis, pas pour lui obéir ! j’allais répliquer lorsque quelque chose de surprenant se produisit, qui me fit reconsidérer ma réponse.

Comme lorsque l’on baille et frissonne de fatigue en même temps, je ressenti dans mes oreilles un sourd tremblement par dessus les sonneries d’alarme. Et au même instant, je jurais voir cette vibration par définition invisible, à travers les vitres renforcées, frapper le mur près de mon double tel un rayon. Il avait du percevoir la même chose car il bondi vivement à l’écart de la paroi, comme si un nid de serpent était apparu à ses pieds. Les briques ondulèrent un instant, comme un mirage au-dessus d’une route surchauffée, puis plus rien. L’autre Daniel fut à mes côtés en quelques bonds et, ensemble, nous dégageâmes l’accès de sécurité. Derrière nous, quelque chose tambourinait à la porte du laboratoire, et je préférais ne pas regarder. J’eu par contre un dernier coup d’œil pour la grande forme métallique du transporteur quantique, mon œuvre, avant que mon sosie ne m’agrippe par l’épaule et ne m’entraîne hors du bâtiment, à travers les jardins du campus. Rapidement hors d’haleine (essayez donc de garder la forme quand votre journée entière est passée à travailler sur une équation qui vous évitera de vous scinder en deux morceaux pendant le transport), je le suivi néanmoins jusqu’à une voiture de location garée sur le parking des visiteurs.
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Oberon
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MessageSujet: Re: Daniel Empereur : aventures dans les espaces-temps   Mar 4 Mar - 20:04

C'est très très sympa. Prenant et efficace.

Le premier a un vrai suspens. On est bien accrochés par cette intro. Ca me rappelle d'autres trucs sur le thème, mais la rencontre avec soi a toujours un côté fascinant. (ça doit être le côté Narcisse des écrivains... )

J'aime bien le deuxième aussi. Surtout l'univers créé et le vocabulaire choisi, qui marie spiritualité et multivers quantique. (Tabous, Mur-Esprit,...) C'est bien vu.
Et puis aussi la "relativité" de la "cause" des combattants.

Le troisième est un peu moins surprenant, plus attendu ; mais l'intrigue reste préservée.

(Et il y a pratiquement pas de fautes d'orthographe. C'est appréciable.)

On attend la suite... Dans 4 mois ?
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Raphaël Lafarge
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MessageSujet: Re: Daniel Empereur : aventures dans les espaces-temps   Lun 9 Juin - 7:09

Je n'aurai pas essayé ce format longtemps, le sieur Wee préférant poursuivre seul les aventures de Daniel Empereur (sans aucun ressentiment d'un côté comme de l'autre, hein, s'il le sent comme ça, pas de souci). Hé bien, ce fut une expérience agréable, bien que courte. Bref mais intense, comme dirait l'autre.
À me relire, je trouve que j'aurais pu mieux faire, quand même, je ne me souviens plus trop quel état d'esprit j'avais quand j'ai écrit cela, mais malgré le côté spirituel-fanatique pour lequel j'éprouve, idem, une grande affection, je relève des incohérences, quand même.
Le plasma, notamment, est bizarre, c'est clairement une arme des Trublions, mais ils ne semblent pas la maîtriser et ses effets sont mal définis, de même que la nécessité de neutraliser un esquiveur avant de décaler son possesseur. Théoriquement, l'esquiveur rendant inéluctable le parcours de quelqu'un, il faudrait justement qu'il fonctionne au moment de sa mort, histoire que la mort de la personne reste permanente, et ne se retrouve pas annulée par une quelconque manipulation spatio-temporelle.
Enfin, c'était rigolo...

J'aime bien le deuxième épisode de Wee, et je suis curieux de voir ce qu'il va inventer par la suite.
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